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La téléconsultation se fraye une voie dans les pratiques de santé

Un an après son remboursement par l’Assurance Maladie, la téléconsultation s’installe progressivement comme une nouvelle modalité de prise en charge des patients :  la CNAM  estime à plus de 60 000 le nombre de téléconsultations facturées au 15 septembre 2019, sur l’ensemble du territoire.

Globalement, ce sont les médecins généralistes qui la pratiquent le plus même si on observe que de nombreux autres spécialistes y recourent eux aussi. Concernant les patients, différentes catégories ont recours à la téléconsultation, notamment les patients les plus jeunes.

56 % des patients ayant bénéficié d’une téléconsultation ont moins de 40 ans

Environ 30 000 patients ont bénéficié en France d’une téléconsultation depuis  septembre 2018.

  • Deux téléconsultations sur trois ont été réalisées auprès d’une femme (64 %) contre une sur trois auprès d’un homme.
  • S’agissant de l’âge des patients, un tiers de ceux ayant bénéficié d’une téléconsultation a moins de 30 ans et 56 % moins de 40 ans ; 12 % des téléconsultations concernent cependant des patients de 70 ans et plus.
  • 27 % des téléconsultations facturées  concernaient des patients en affection longue durée (ALD).

Les médecins « téléconsultants » sont globalement plus jeunes

Depuis l’entrée en vigueur du remboursement, 1 647 médecins libéraux ou structures ont ainsi facturé des téléconsultations.

  • 85 % des téléconsultations sont facturées par des médecins libéraux et 8 % par des centres de santé.
  • Ce sont les médecins généralistes qui pratiquent le plus la téléconsultation avec 65 % des actes, tandis que les spécialistes représentent 35 % des actes facturés. Chez ces derniers, une téléconsultation est facturée 1 fois sur 7 par un psychiatre, 1 fois sur 12 par un gynécologue et 5% par un pédiatre.
  • Les téléconsultations sont facturées à 62 % par des hommes et à 38 % par des femmes, conformément à la proportion d’hommes et femmes médecins en exercice actuellement.
  • Les médecins « téléconsultants » sont globalement plus jeunes ; la moitié d’entre eux a moins de 50 ans alors que cette classe d’âge ne constitue que 37 % de l’ensemble des effectifs de généralistes libéraux.
  • À l’opposé, les médecins de plus de 60 ans recourent proportionnellement moins à la téléconsultation que leurs confrères : plus d’un médecin libéral sur trois a plus de 60 ans mais ils ne sont à l’origine que de 15 % des téléconsultations.

L’Ile de France concentre 44% des téléconsultations

Le recours à ce nouveau mode de consultation est inégalement réparti sur le territoire.

C’est en Île-de-France qu’on en comptabilise le plus : elles représentent à elles-seules 44 % de l’ensemble des téléconsultations (15 % à Paris, 8 % dans le Val-de-Marne, 6 % dans les Yvelines comme dans les Hautsde-Seine).

Selon la CNAM,  « la téléconsultation devrait se diffuser plus largement dans les mois et années à venir : le taux d’équipement va augmenter, la téléconsultation deviendra plus facile à accepter pour tous types de patients et les modes d’organisation des médecins vont continuer d’évoluer vers plus d’exercice regroupé (maisons de santé, communautés professionnelles territoriales de santé, etc.), ce qui permet de diviser le poids financier de l’équipement. Les médecins sont encore assez peu nombreux à être équipés du matériel nécessaire à la téléconsultation. Pour les y aider, l’Assurance Maladie peut en financer une partie ».

Consultations à distance : une pratique qui se développe sans correspondre nécessairement aux conditions de prise en charge par l’Assurance maladie

Le baromètre sur les usages de la téléconsultation médicale en France (animé par les sociétés B3TSI et Egora) apporte un éclairage complémentaire. Ce Baromètre repose sur un panel rémunéré, Chronic Panel, composé de personnes qui « acceptent de participer ponctuellement ou régulièrement à des enquêtes en ligne dans le domaine de la Santé ».Selon la seconde édition de ce Baromètre, 12 % des panélistes déclaraient avoir téléconsulté au cours des douze derniers mois (dont 3 % plusieurs fois).

  • Dans 80 % des cas, les téléconsultations effectuées ne correspondaient pas aux conditions de prise en charge par l’Assurance maladie.
  • Si 7 téléconsultations sur 10 ont bien été effectuées avec le médecin traitant (54 %) ou avec un médecin recommandé par ce dernier (16 %), seules 30 % ont été réalisées par vidéo. Pour être remboursée par l’Assurance Maladie, la téléconsultation doit être « obligatoirement réalisée par vidéotransmission », comme le précise l’avenant 6 de convention médicale signée en 2016 par la CNAM et trois syndicats représentatifs des médecins libéraux.
  • Dans 48 % des cas, les patients déclarent avoir eu recours a une consultation à distance en raison de délais d’obtention de rendez-vous trop longs et dans 41 % des cas, suite à une douleur.
Une nouvelle pratique au service de l’accès aux soins

La téléconsultation est une consultation médicale. Sa particularité : le médecin n’est pas physiquement présent aux côtés du patient qui le consulte mais l’entend et le voit par visioconférence. Ce dernier peut parfois être accompagné d’un professionnel de santé (infirmier, pharmacien, etc.).

Tout médecin peut proposer une téléconsultation à son patient dans les conditions suivantes :

Le patient doit connaître le médecin et avoir eu un rendez-vous physique avec lui dans les 12 mois précédant la téléconsultation ;

Il doit aussi respecter le parcours de soins et consulter d’abord son médecin traitant ;

Si celui-ci le juge nécessaire, il l’orientera vers un (autre) spécialiste.

Seuls les cas suivants permettent de ne pas suivre le parcours de soins :

  • Consultation de certains spécialistes (gynécologie, ophtalmologie, stomatologie, chirurgie orale ou en chirurgie maxillo-faciale, psychiatrie ou neuropsychiatrie et pédiatrie) ;
  • Patient de moins de 16 ans ;
  • Urgence ;
  • Absence de médecin traitant ou rendez-vous dans un délai incompatible avec l’état de santé du patient : le patient doit alors se rapprocher de ce qu’on appelle une « organisation coordonnée territoriale ». Les coordonnées de ces organisations (contact, zone d’intervention, etc.) sont publiées quand il y en a par les caisses primaires d’assurance maladie sur ameli.fr. Elles affichent également cette liste dans leurs espaces d’accueil pour faciliter l’orientation des patients. Les coordonnées des structures sont aussi disponibles auprès de la Mutualité sociale agricole, du ministère des Solidarités et de la santé, des agences régionales de santé (ARS), des professionnels de santé du territoire et des conseils départementaux et régionaux de l’Ordre des médecins.

 

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